Grâce à l’appui financier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), via ONUSIDA et sous la supervision du Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP), l’ONGD Parlons Sida aux communautaires (Pasco ONGD) a présenté, mardi 26 août 2026, dans les installations du COUSP, à Kinshasa/Gombe, les résultats de la riposte Mpox/Vih auprès des keep pop ou populations clés de la ville de Kinshasa. Cela, dans le projet Mpox/Vih menée auprès de cette cible d’avril à août 2025. Présentant ces résultats de la riposte Mpox/Vih, Dr Léon Luyalu Mahala, chargé du suivi-évaluation à Pasco, a indiqué : « Nous avons implémenté un projet de riposte Mpox/Vih auprès des populations clés et cela nous a donné des résultats formidables. Cela nous a montré qu’il existe des approches qui ne sont pas applicables auprès de cette population cible, notamment l’approche zonale. Nous avons essayé, sans succès et nous sommes passés à l’approche stellaire qui a permis de mener des interventions qui partaient du centre convivial vers les différentes zones de santé non couvertes par le centre convivial ». Les résultats Dans le cadre de ce projet, les pairs éducateurs keep pop ont travaillé sous le leadership des organisations à assise communautaire (OAC), avec comme objectif de démanteler et écouter les communautés afin de remonter les cas contacts qui dormaient parmi la population. Ce qui a fait que l’ensemble des déploiements menés par Pasco et Renadef sur le terrain, d’avril à juillet 2025 a permis de faire remonter 120 cas suspects ; lesquels ont été référés au niveau de centre convivial. Malheureusement au cours de référencement, il y a eu quelques cas de déperdition. Sur les 120 cas, seuls 89 cas ont été effectivement reçus dans les trois centres conviviaux concernés par le projet, entre autres, le centre convivial IST Matonge, le centre convivial Bwanya… « Au niveau des centres conviviaux, les prestataires ont dépisté les cas suspects aussi bien pour le Mpox et le Vih. De ces 89 cas dont les échantillons avaient été envoyés à l’INRB, 61 ont été validés et de ce nombre 42 ont été testés positifs. De ces 42 cas positifs, 12 cas (7 professionnelles de sexe et 5 transgenres) ont présenté la co-infection Vih/Mpox », a exposé Dr Léon Luyalu. Ce résultat a rebattu les cartes, à en croire Dr. Léon Luyalu, car, au lancement du projet, ils se sont fixé un ratio de 1 à 13 (ratio = nombre de cas contacts qu’on peut suivre à partir d’un cas positif). Sur le terrain, le travail a démontré qu’au-delà de ce qui est généralement admis, il fallait aller de 1 à 29, soit plus du double de la norme connue de l’OMS. Après dépistage, tous les 42 cas positifs ont été pris en charge au niveau des centres conviviaux, grâce à l’apport Pasco qui a mis à disposition des équipes de prise en charge des intrants et médicaments ; section qui n’avait été prise en compte dans la programmation du projet. Avec cette activité, Pasco a rendu disponibles les résultats de la riposte Mpox/Vih auprès des Keep pop ministère de la santé publique, via le COUSP, et surtout les défis auxquels cette ONGD est confrontée dans son travail au quotidien ; car il existe encore des cas qui sont suivis au niveau des centres conviviaux alors que le projet prend fin au 31 août 2025. Admiration du COUSP De son côté, le professeur Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique de l’Institut national de santé publique (COUSP-INSP) est fait savoir que ce projet que son institution a eu à conduire, à travers son système de gestion des incidences avec l’implication de Pasco, et le financement de l’OMS, via l’Onusida, a produit bien des résultats escomptés. Lesquels vont contribuer à améliorer la réponse contre la Mpox et même la réponse nationale contre le Vih. « Ce projet a produit beaucoup de résultats très intéressants qui ont été mis en évidence, notamment, on est presque sûr aujourd’hui que, parmi les acteurs communautaires qu’il faudrait essayer d’identifier au niveau de la riposte Mpox, on doit faire une mention spéciale pour les populations clés ; lesquelles doivent suffisamment être impliquées dans toutes les stratégies de la réponse. Ce projet et bien d’autres qui contribuent à obtenir ce genre de résultats. Cela a renforcé cette idée que, lorsqu’on voit les aspects en rapport avec la coordination, les populations clés doivent être impliquées à travers leurs organisations. A travers la surveillance, il s’agit de voir comment on va impliquer les pairs éducateurs des Keep pop dans la recherche active des cas pour les keep pop et même pour l’identification des cas de 1ère ligne et ceux de 2è ligne. Sans oublier que la Mpox est une maladie infectieuse et aujourd’hui, une transmission sexuelle a été identifiée. Et les keep pop sont les mieux présentées pour arriver identifier tout ce qu’il y a comme partenaires potentiellement sexuels et essayer de rechercher les partenaires des partenaires », s’est-il réjoui. Avant d’ajouter que les résultats de ce projet vont permettre d’éviter cette discrimination, stigmatisation des populations clés qui ne pouvaient d’elles-mêmes se présenter pour un dépistage/diagnostic par rapport à la Mpox/Vih. Grâce à ce projet, ces keep pop peuvent être identifiés par l’entremise de leurs pairs éducateurs afin d’administrer une prise en charge rationnelle, qui tienne compte de leur état. En plus, ce projet permet de comprendre que ces keep pop ont une communication spécifique qui mérite d’être ajustée en fonction de leur état. Pour Dr. Susan Kasedde, directrice-pays Onusida en RDC, l’objectif de ce projet était d’apprendre, à travers cette approche d’engagement entre les structures du gouvernement, les représentants des communautés touchées par ces épidémies (Mpox/Vih) et les partenaires techniques et financiers, comment améliorer l’efficacité des interventions pour les keep pop. En résumé, le projet cherchait à réduire la morbidité et la mortalité parmi ces populations liées à la Mpox/Vih. Avec le soutien des acteurs communautaires, le projet a réussi à identifier les cas suspects et de faire le référencement pour chaque cas vers les centres conviviaux où ils ont été soumis aux test pour la confirmation ou non de la maladie et bénéficié de la prise en charge médicale. Pour Joseph Waogodo Cabore, représentant- pays de l’OMS en RDC, cette étude permet de conforter ses premières convictions que la RDC est un pays de grande tradition de recherche en santé publique. « L’OMS, qui soutient la génération des évidences pour arrêter rapidement des maladies, est très intéressée par ce qui se fait en RDC. Par rapport aux recommandations formulées, l’OMS propose aux parties prenantes à apporter aux partenaires techniques et financiers la capacité à générer des évidences qui peuvent changer quelque chose dans le monde entier ». Avant de rappeler que « la RDC a de l’expertise, depuis les communautés jusqu’au niveau scientifique le plus élevé. Et ça vaut beaucoup plus que l’or et le diamant, beaucoup plus que les forêts, le pétrole ». Pour lui, le projet ne peut pas s’arrêter, car il a suscité de l’espoir auprès d’une population. Si on l’arrête, ce sera bien dommage. Il faut donc trouver des moyens pour de poursuivre.